Conseil métropolitain du 8 juillet 2022

Texte intégral de l’intervention d’Emilie Chalas sur l’acquisition d’un local Place des Géants à Grenoble

Sur le projet place des géants à proprement parler :

Il est toujours difficile de lire la banalisation de l’abandon des quartiers. Dans la délibération il est inscrit noir sur blanc le défaut d’entretien depuis des années : la dalle est dans un tel état que des secteurs du parking sous la dalle ne sont plus accessibles. Je vous pose donc une question qui doit nous faire collectivement réfléchir : aurait-on accepté cela au parking Philippeville situé sous la dalle du jardin de ville ?

Ce projet soulève une inquiétude quant à l’équilibre de vie du quartier. Vous avez raison de décrire la faiblesse de la place des Géants en termes de commercialité, c’est d’ailleurs un euphémisme ! Pour autant, faut-il supprimer tous les commerces de proximité ? En tant que puissance publique et responsables politiques, ne doit-on pas garantir une vie et un service de proximité varié ? Cela nous interroge. « La métro souhaite recréer en proximité de la place des géants » mais où cela ? en dehors de la place ? Que vont faire les ainés ? Que va-t-il advenir de cette place sans commerce aucun ? Alors nous avons bien lu le projet de requalification paysagère de la place, c’est très bien, cette dalle est un grille-pain où la chaleur l’été est suffocante et où le béton accumule la chaleur du soleil pour la restituer la nuit durant. L’enfer. Le projet de ville nature contre l’ilot de chaleur est très intéressant.

Nous avons bien lu également le projet de développer sur cette place l’offre de soin et les activités socio-culturelles, c’est indispensable vous avez raison. Mais la vie de quartier est toujours un équilibre, et supprimer les commerces reste une erreur et les habitants nous le disent.

Ils nous le disent aussi à l’Arlequin, toujours à Villeneuve. Je vous ai d’ailleurs écrit à ce sujet monsieur le Président, le 10 juin dernier. Je n’ai pas encore eu votre réponse. Les commerces ferment les uns après les autres à l’arlequin sans qu’aucun n’y ouvre. La vie de quartier, les lieux de rencontre, de proximité, de services du quotidien s’effacent peu à peu cédant la place à des locaux commerciaux vides et insalubres infestés de rats. Ces fermetures sont un drame pour les habitants, et ils se sentent abandonnés. Pourtant l’Etat a doublé ses financements ANRU. Pourquoi ne parvient-on pas à rassurer ces habitants, à construire le projet avec eux, à répondre à leurs attentes ? Nombreux sont ceux qui n’ont accès à aucune information, et je pense notamment à la dernière boutique survivante : Taxi phone. Leur avenir est flou.

Qu’en est-il des commerces de proximité pour ce quartier Villeneuve, que ce soit au Géants ou à l’Arlequin ?