Conseil métropolitain du 24 septembre 2021

Intervention de Laurent Thoviste
sur l’évaluation des politiques publiques

Cette délibération, à la suite du rapport d’observation de la chambre régionale des comptes, prend tout son sens. Nous partageons en effet pleinement les attendus selon lesquels « L’évaluation des politiques publiques constitue l’un des leviers majeurs pour améliorer à la fois la qualité et la pertinence du service rendu aux habitants de la métropole, ainsi que l’efficacité de l’action publique. » Trop souvent nos décisions s’appuient sur des présupposés idéologiques. Si il est bon d’avoir une vision politique il faut que celle-ci puisse être concrètement mise en œuvre et apporte des résultats tangibles. Pour cela il faut un regard objectif, des outils de mesure, et un suivi dans le temps car l’évaluation est une démarche de fond, pas un point d’étape tous les 2 ou 3 ans.

Notre métropole manque de cette culture. Les longs discours et les querelles idéologiques voir sectaires nous empêche souvent d’avoir une vision objective de nos politiques. C’est pourquoi nous sommes extrêmement intéressés à ce qu’une feuille de route vienne cadrer ce travail. D’autant que, et votre délibération à en ce point le mérite de le reconnaître, le mandat précédent n’a pas été exemplaire. Malgré la présence d’une conseillère déléguée à l’évaluation et d’un groupe de travail ad hoc, les grands chantiers que nous avions listés n’ont pu être menés à bien. Je pense notamment à la politique RH, et quand on relit le rapport de la CRC et les chantiers qui sont devant nous (Temps de travail, refonte rifseep, avantage sociaux) je ne peux m’empêcher de penser que nous avons ici raté une occasion. Je pense également à la politique économique où certains remettent en permanence les mêmes questions sur le couvert, cf le débat sur le programme nano ce matin. Certes nous parvenons à mener des évaluations sur des dispositifs mais quand il s’agit de politique globale nous nous heurtons à un mur.

Cette délibération va-t-elle nous permettre d’avancer ? Disons-le tout net : non car elle opère immédiatement un profond recul. En effet entre 2014 et 2020, c’est le groupe de travail composé de l’ensemble des forces politiques de ce conseil qui déterminait les évaluations à conduire. C’était même si ma mémoire est bonne le président de la commission ressources, confiée à l’opposition qui le présidait avec la vice-présidente. Dans votre nouveau dispositif c’est l’exécutif et lui seul qui déterminera les sujets. Un peu comme si à l’école on demandait aux élèves les sujets sur lesquels ils veulent être notés. C’est pratique pour éviter les débats de fond et surtout pour choisir les sujets sur lesquels votre majorité ne sera pas divisée. Vous nous conservez un strapontin puisque nous aurons le droit de participer au comité. Mais c’est bien peu.

Cette délibération ne nous convient pas. Elle ne va pas dans le sens de la clarté et de l’ouverture qui ont présidé à votre élection. Nous demandons à ce que la commission puisse choisir elle-même les sujets d’évaluation. Dans le cas contraire nous voterons contre.